
L'époque édouardienne s'étend de 1890 à 1914 et, à l'instar des époques précédentes, tire son nom du roi Édouard VII d'Angleterre. Ce fut une période de prospérité croissante, marquée par une rupture avec le conservatisme de l'époque victorienne. Édouard et son épouse Alexandra, véritables précurseurs de tendances, affectionnaient particulièrement les bijoux somptueux. Forts de leur immense popularité, leurs choix se répandirent comme une traînée de poudre et marquèrent durablement l'industrie de la joaillerie, dont l'influence se fait encore sentir aujourd'hui.
Un bref historique
Connue dans le reste de l'Europe sous le nom de « Belle Époque », l'époque édouardienne fut une période de festivités et de frivolité pour les classes supérieures. Sous l'impulsion du roi Édouard VII et de son épouse Alexandra, leur goût pour les bijoux somptueux était contagieux et s'exhibait lors des nombreux bals et réceptions qu'ils organisaient. Leur style personnel, à l'instar de la mode royale, commença à influencer l'industrie joaillière. Les pièces d'inspiration équestre connurent un immense succès grâce à la passion d'Édouard pour les courses hippiques, et toutes les femmes de la haute société rêvaient d'un collier ras du cou comme ceux qui avaient fait la renommée d'Alexandra. Ce couple élégant régna jusqu'à la mort du roi Édouard en 1910. Le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914 mit un terme aux festivités, la majeure partie des métaux précieux utilisés en joaillerie étant réquisitionnée pour l'effort de guerre.


Styles populaires
L'époque édouardienne a marqué l'avènement du platine en joaillerie, Cartier étant l'une des maisons pionnières à l'utiliser. L'incroyable résistance du platine, supérieure à celle de l'or, a permis la création de motifs délicats et complexes, évoquant la dentelle, et a conféré aux bijoux une douceur et une féminité incomparables. Autre style emblématique apparu durant cette période : le milgrain. Cette technique décorative, rendue possible par l'utilisation du platine, consiste en de minuscules perles et stries entourant une pierre précieuse ou ornant le bord du bijou, lui apportant ainsi une touche de douceur.

Les motifs courants de l'époque comprenaient des trèfles, des étoiles, des cœurs, des nœuds, des guirlandes et des fleurs. Les détails en filigrane connurent également un immense succès, contribuant à l'élégance et à la féminité alors en vogue. Les bijoux édouardiens étaient conçus pour sublimer la soie blanche et la dentelle portées par les dames de la haute société. Outre les diamants et les perles naturelles, on utilisait fréquemment des pierres telles que l'améthyste, le péridot, le saphir bleu, l'aigue-marine, l'alexandrite, la pierre de lune et le rubis.

Avant son mariage avec le roi Édouard, Alexandra fut princesse de Galles pendant 38 ans. Durant ses deux règnes, elle devint une figure influente de la mode et popularisa l'un de ses bijoux préférés : le ras-de-cou. La rumeur prétendait qu'elle avait choisi ce style de collier pour dissimuler une cicatrice au cou, bien que cela n'ait jamais été prouvé. Ces colliers ras-de-cou se déclinaient en de nombreux modèles, allant de fines perles de platine ajourées, évoquant une guirlande, à de simples colliers de velours noir ou de rubans ornés de boucles, de fleurs et autres motifs. Parfois, le ruban était remplacé par plusieurs rangs de perles, souvent serties de diamants.
Les bijoux « blancs sur blanc » étaient également devenus une tendance de plus en plus populaire à l'époque, de nombreuses pièces arborant des pierres transparentes ou incolores ainsi que des perles blanches pour un effet éthéré. Cette tendance s'est même étendue aux bijoux de deuil ! Le blanc et le noir sont devenus les nouvelles couleurs du deuil, remplaçant les rouges sombres et le noir des époques précédentes. Les bijoux de deuil étaient souvent confectionnés en platine et en onyx. L'utilisation du platine leur conférait une allure légère et aérienne, et sa popularité a perduré jusqu'au début de la Première Guerre mondiale. Le platine étant réquisitionné pour la fabrication d'armes, il n'était plus disponible pour la joaillerie. Le début de la guerre a marqué la fin de l'époque édouardienne et de son goût pour l'opulence et l'extravagance.
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